Un espace politique pour exprimer un avis, une pensée un opinion... ou tout simplement un avis sur l'actualité. Cet espace se veut de Gauche, libre et solidaire.
Depuis le 01 octobre, la campagne officielle pour élire la constituante a commencé. Et voilà comme promis dans un billet précédent, je dévoile aujourd'hui publiquement sur mon blog AvisLibre mon choix. Je voudrais surtout exposer pour les lecteurs d'AvisLibre ma démarche qui m'a conduit à arrêter mon choix pour qui voter et surtout essayer de vous expliquer pourquoi ce choix.
Autant j'étais rapide à me dépêcher à m'inscrire dans les listes électorales autant comme beaucoup de millions de Tunisiens, j'ai énormément hésité pour qui j'irai voter le 23 octobre (à partir du 20 octobre pour moi).
Le choix de vote pour une liste quelle soit indépendante ou partisane reste une démarche intellectuelle et personnelle. Nos choix peuvent être différents mais notre objectif commun est certainement le même. Je n'ai aucun doute que vous espériez que votre voix comme la mienne sera la voix de la liberté, de la démocratie, de la dignité, de la justice et du progrès pour chacun d'entre nous et pour nos prochains.
Nous avons tous rêvé de ce jour, nous l'avons tous espéré pour nos enfants et le voilà finalement pour nous, plus proche et plus vrai que même les plus optimistes d'entre nous ne pouvaient le prévoir. Ne ratons pas ce rendez-vous avec l'histoire. Allez voter et bien voter. Faites le pour vous, pour vos frères et sœurs, pour vos parents, grands parents et pour vos enfants.
Je ne vous dévoile ni un secret ni une révélation. Je suis un homme de Gauche. Je crois à l'humain, à sa capacité de partager, de s'entraider, d'innover, de créer. L'humain qui doit et qui ne peut être qu'au centre de tout programme politique.
En observant l'échiquier politique Tunisien composé de plus que 100 partis, nous pouvons rapidement le schématiser en deux grands pôles : un premier pôle composé de partis de Gauche au sens large (Gauche, centre Gauche, les Nationalistes arabes, les destouriens) parmi lesquels on peut citer Ettajdid, le PDP ou le FDTL (Ettakattol) et un deuxième pôle composé de partis de Droite où on retrouve les islamistes et les libéraux dont on peut citer Ennahdha, UPL ou Afak.
En éliminant les libéraux ne correspondant pas à mes convictions, en excluant les islamistes, forces de régression, il restait le PDP, Ettajdid et Ettakattol pour ne citer que les plus structurés.
L'examen des programmes politiques et économiques des ces 3 partis montrent plus de similitudes que de divergences. Je ne pense pas que les petites différences dans les programmes de ces partis qui feraient qu'un électeur ira voter pour l'un ou pour l'autre.
Par contre la constance et la clarté dans les positions et le repositionnement politique seront déterminants dans le choix final. Ettakattol est, pour moi, le parti qui a présenté une ligne politique constante depuis le 14 janvier vis-à-vis des différents événements qui se sont passés courant ces dix derniers mois. Ettakattol était le parti qui a refusé d'intégrer le premier Gouvernement de Ghannouchi dans lequel 4 personnalités de l'ancien régime occupaient 4 ministères régaliens. On a reproché souvent à Ettakattol et particulièrement à son secrétaire général Dr Ben Jaafar d'être constamment dans la conciliation. Mais avions-nous d'autre choix ? Pouvions-nous se permettre d'être dans une tactique politique partisane alors que la république ou même l'existence de la Nation Tunisienne était menacée ?
Non. La conciliation, l'intérêt de la Nation était au-dessus de toute autre considération. Ettakattol était un des rares partis qui ne s'est pas dévié de cette ligne. Alors que le PDP en menaçant et en se retirant de l'Instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la Révolution (ISROR), essayait de passer en force un amendement de la loi des financements des partis leur permettant de justifier un financement perçu auprès des personnes morales. Avec cet entêtement politique, le PDP a rejoint Ennahdha et son allié le CPR dans la stratégie de déstabilisation de cette instance qui représentait l'institution législative (en absence d'un parlement) permettant d'organiser, de crédibiliser, de légitimer toutes les étapes qui ont suivies.
D'ailleurs, Ettakattol a voulu garantir la transparance des financements. Il n'a pas hésité à publier ses comptes. Ailleurs, le financement reste la grande boite noire.
Sur le plan de la cohérence politique, Ettakattol a refusé toute alliance ou accord pré-électoral fondé exclusivement sur la tactique politique. Il laisse néanmoins la porte ouverte pour des alliances postélectorales avec d'autres partis partageant les mêmes orientations économiques et politiques pour le pays. Comme plusieurs électeurs de gauche, nous avons été déçus du Parti Ettajdid qui s'est précipité pour créer une coalition avec d'autres partis alors que ni leur programme ni celui des autres partis n'a été encore construit. Comment peut-on se rallier et signer une alliance avec des partis sans connaitre en détail leur programme et leur vision pour la nouvelle république ? La création de ce pôle était une simple manœuvre politique sans aucun fondement idéologique. J'aurais préféré, comme plusieurs milliers des Tunisiens, qu'Ettajdid attendra au moins la publication des programmes pour donner un sens politique à toute alliance avec les autres partis.
Face à la menace islamiste, notre deuxième république est déjà menacée par des courants d'obscurantisme qui pourraient plonger notre Tunisie dans une dictature encore plus sombre que celle de Ben Ali. Une dictature qui toucherait non seulement nos libertés de pensée, de création, de croyance et d'appartenance, mais également nos valeurs d'ouverture et de tolérance. Nous aurions une Tunisie comme jamais connue dans l'histoire de cette Nation. Nous voyons de plus en plus une minorité de jeunes barbus salafistes mijotant la langue arabe avec des slogans religieux dans nos rues, dans nos lycées, dans nos universités. Ces jeunes dont l'ignorance a complètement rongé leur raison, n'hésitent plus à attaquer nos cinémas, nos théâtres et dernièrement nos médias, à menacer même l'intégrité physique de nos artistes, écrivains, créateurs et journalistes. Face à ce danger qui rompe et avance, l'ensemble des partis républicains, démocrates et progressistes qu'ils soient de gauche ou de droite sont appelées plus que jamais à faire front à ces courants et aux mouvements qui se cachent derrières cette minorité minable qui voudrait nous imposer sa loi. Je le dis clairement, mon choix et mon bulletin de vote n'est pas une signature à blanc. Toute alliance directe ou indirecte, toute sympathie à Ennahdha de loin ou de près serait une trahison à mon vote et aux votes des millions de tunisiens que j'espère feront le choix comme moi de voter Ettakattol.
Le Secrétaire général du parti Dr.Mustapha Ben Jaafar Parle d'ETTAKATTOL
Les têtes de Liste en France
France Nord : Monsieur Selim Ben Abdesselem
France Sud : Madame Karima Souid